Hortis et WUP, France 2016, Albi

Congrès national et européen

Albi, du 5 au 8 octobre 2016

Hortis, les Responsables d'espaces nature en ville

et World Urban Parks Association (WUP), Europe

 

Le thème du congrès: «Du patrimoine vert au maillage vert;  évolution ou révolution sociétale ?»

 

La Ville d’Albi avait le plaisir et l’honneur d’organiser ce congrès national et européen. Son directeur des espaces verts et ami Christian Amiel a tout fait avec son équipe de jardiniers pour que ce soit une belle réussite. Albi, préfecture du Tarn, dans le sud-ouest est situé au-dessus de Toulouse, à une altitude de 169 m. Ville de 51'000 habitants et d’une surface de 44,26 km2 elle accueille de nombreux touristes. Elle est distinguée en 2010 par son entrée au patrimoine mondial de l’Unesco pour sa cité épiscopale. Sa cathédrale de briques rouges est la plus haute de France (43 m). Tout le centre historique de la ville a été remanié, la plupart des parkings sont souterrains pour laisser en surface un espace piétonnier important. Le service espaces verts compte une cinquantaine d’agents qui entretiennent les 88 ha verts et fleuris de la ville. La production horticole est de 140'000 plantes pour 3'700 m2 de massifs. Dès 2003 la ville est distinguée de 4 fleurs au concours national des villes et villages de France, elle reçoit aussi les labels pour « Jardins remarquables, Agenda 21, Prix d’architecture et d’aménagement urbain ». En politique urbaine, la ville souhaite conquérir son autosuffisance alimentaire, et projetant en 2020 à ce que tous ses habitants puissent se nourrir de produits frais cultivés dans un rayon de 60 km. Autant dire que sont mis en place des jardins partagés, agriculture urbaine et circuits courts de commerce. Production uniquement en bio qui devrait pouvoir aussi approvisionner les cuisines scolaires et homes. Aujourd’hui 12'000 arbres sont répertoriés, le platane est le plus représenté suivi des érables et des tilleuls.

Mercredi 5 octobre

Un nouveau théâtre pouvant accueillir 900 personnes a été inauguré début 2014. C’est dans ce bâtiment moderne, unique, que s’est déroulé le congrès, avec près de 300 congressistes.

Ouverture du congrès et salutations du Président Jean-Pierre Gueneau qui souligne que nous fêtons les 80 ans d’Hortis, une belle histoire d’amitié et de partages professionnels. Salutation d’Anna Steidle, présidente du WUP qui glisse: « Pensez mondial, agissez local ! ». Ensuite Mme Stéphanie Guiraud-Chaumeil, Maire d’Albi qui nous vend bien sa ville, des efforts faits pour le vert pour un ensemble de haute qualité, nécessaire quand la ville accueille 1'200’000 visiteurs chaque année pour admirer la cathédrale St-Cécile. Les bords du Tarn vont être remis en valeur, un pont métallique sera construit, attenant à un pont existant; cela permettra d’accéder du centre-ville à une nouvelle zone de détente et de limiter encore l’engorgement de voitures. Nous allons bientôt être jumelés avec une ville de taille moyenne chinoise, 1'500'000 habitants.

Christian Amiel nous parle du travail important fait avec ses équipes pour vider les giratoires des vieux pyracanthas et repenser le tout avec des vivaces, des légumes et des plantes aromatiques. Nous souhaitons quelque chose de plus original. De nouveaux petits jardins doivent apporter un plus aux gens des quartiers, un lien social et d’échange. Nous échangeons aussi avec les écoles, ce qui enrichi notre travail. La nouveauté est stimulante !

Anna Steidle, présidente du WUF Europe nous a parlé de l’histoire des parcs, les paysages ont été reconstruits pour en faire des périphériques. Les parcs publics ouverts par Karl Théodore en 1824, de style anglais. Plus tard Martin Wagner a introduit en 1915 le vert bienfaisant pour les villes. Dès 1920 ouverture des parcs populaires ; 1939-1945 plantation de patates dans les zones vertes ; 1975 – 1985 villes écologiques ; 1993 introduction de l’informatique dans le vert. Aujourd’hui l’avenir dépend de vous !  les premiers jardins historiques (les jardins de Pompéi, jardins de monastères, le roi Charles VII, Louis XIV), c’est la vision d’une personne mais dès le 19ème il a fallu trouver des espaces et des gens capables,  des financements. Qu’en est-il de l’avenir ? Tout sera possible avec des lobbys, associations pour nous aider. Il nous faut encore sensibiliser les gens du bienêtre de la nature en ville. Le vert représente 1 à 4 % du budget d’une ville. Les fleurs sont un plus pour le tourisme.

Michel Jourdheuil, chargé de mission jardins au Val d’Oise, ancien comédien nous a parlé d’expériences faites auprès de gens qui fréquentent les parcs publics. Avec l’apport des fleurs, de l’art, de la danse dans les jardins ; avec un petit dialogue entre les gens rencontrés montre où le rôle social prend toute son importance. Des photos de gens exposés faisant sourire les gens montrent aussi le plaisir ressenti.  Exposé fort apprécié pour le côté diction, improvisation et sensibilité.

Chris Rutherford (Nouvelle-Zélande) nous a parlé d’un programme de benchmarking des parcs impliquant 120 organisations. On y trouve 27 indicateurs de performance ; de la planification à l’évolution des choses sur le terrain. Avec tous ces résultats cela vous permet de savoir si vous faites un bon travail. Les chiffres des tableaux sont nécessaires pour avoir des appuis.

Emmanuel Trueb, vice-président WUP Europe nous parle de la transformation des anciens cimetières de Bâle en parcs publics. En 1356 un tremblement de terre détruit la ville. En 1660 la ville compte 30'000 habitants avec un pont qui traverse le Rhin, c’est un important lieu de commerce. Le parc St-Pierre d’un hectare est le premier cimetière transformé en petit parc public. Les cimetières près des églises au Moyen-âge ont été transformés. En 1860 les fortifications sont détruites pour permettre un agrandissement de la ville ; de nouveaux cimetières sont construits dans les différents quartiers. Au cimetière St-Théodore on n’enterre plus les morts, il ne reste plus que la chapelle, l’ensemble est transformé en parc. En 1932 réalisation d’un cimetière de 53 ha à Riehen pour concentrer l’ensemble en cimetière de la ville. Aujourd’hui les carrés peuvent être désaffectés après 20 ans. Dans un autre petit cimetière, la chapelle a été transformée en petit bar. «  La danse de la mort » est une vision bâloise du passage de la vie et la mort.

Michel Labardin, maire de Gradignan nous parle de sa petite ville proche de Bordeaux, viticole dès le 12ème siècle a aussi de beaux atouts avec 400 ha d’espaces verts sur une superficie de 1'577 ha, soit 200 m2/hab. Des forêts sur 200 ha vont quasi au cœur de la ville, on y trouve donc beaucoup de promeneurs joggeurs qui profitent de ces espaces naturels. Une trentaine de jardiniers assurent l’entretien des grandes surfaces vertes de manière simples, les éco-pâturages sont également valorisés.

Alberto Ipas, directeur du Parc aquatique de Saragosse a traité sur l’importance économique et écologique de ce site où a eu lieu l’exposition universelle en 2008. Situé au bord de l’Ebre, en zone inondable, un énorme parc aquatique a été créé où un nombre impressionnant d’activités sportives, culturelles sont possibles. Sur une surface de 12 ha, 30% sont des forêts, 40% en jardins publics, 30% entretenus par diverses sociétés, principalement aquatiques, même pour des exercices de premiers secours, pompiers. Pour les jardins familiaux, 200 petites parcelles de 30 m2 sont à dispositions. L’entretien des surfaces vertes est aussi assuré par 400 moutons qui broutent sur 35 ha. Des zones sont prévues pour les chauves-souris, oiseaux, aucun pesticide n’est employé. Un investissement de 65 millions d’euro a été nécessaire, 35% des coûts d’entretien est financé par le privé et pour la municipalité de Saragosse cela représente 1.5 million d’euro /an. Pour financer ces espaces tout est ouvert,  shooting pour la mode, discothèques etc. Dans ce grand parc, 90% des surfaces vertes sont ouvertes gratuitement au public.

Christy Boyland (Irlande) nous a parlé de la qualification académique « World Parks Accademy Boards », des rôles et les services rendus par le WPA en collaboration avec l’Université de l’Indiana et l’institut Eppley. Cette association internationale, forte d’une trentaine associations nationales défend la conservation et création des parcs, autres espaces verts. Cela peut être intéressant pour les villes qui souhaitent obtenir une certification ou habilitation.

Après un buffet dinatoire nous avons été en extérieur pour découvrir trois parcs publics. D’abords en traversant le centre-ville pour aller dans la partie médiévale, nous voilà traversant la grande Place du Vigan, au magnifique pavage de grès rouge pour nous approcher du cloître Saint-Salvi et de son jardin médiéval.

Le cloître a été construit en plusieurs étapes, d’abords l’église au 5ème siècle, une partie romane au 12ème siècle, gothique et avec des briques dès le 13ème siècle. Le jardin a été fait récemment en collaboration avec la ville jumelée de Gérone en Espagne. On y a associé des plantes méditerranéennes, olivier, grenadier, agaves, tomates et une belle collection de plantes médicinales (étiquetées) et légumes qui dès qu’ils sont murs peuvent être cueillis par les gens. Un paillage permet de réduire l’arrosage.

Avant de visiter le second jardin, Mme Danièle Deving, conservatrice du Musée Toulouse Lautrec nous a fait un petit cours d’histoire. Pour se protéger des attaques des cathares, l’Evêque qui devient seigneur des lieux fait construire au 13ème siècle un imposant bâtiment, véritable forteresse de briques de plusieurs mètres d’épaisseur, imprenable ; c’est le Palais de la Berbie qui abrite aujourd’hui le Musée Toulouse Lautrec.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous dirigeons ensuite sur le côté du bâtiment pour admirer les jardins à la française. Un jardinier travaillant à plein temps entretient ce parc fait de buis, pensées et plantes annuelles. Depuis quatre ans existe une collaboration entre le Musée et les jardiniers qui partant d’un tableau de Miro ou de Toulouse Lautrec, vont reprendre les couleurs et les employer dans les  massifs. Les buis ont été remplacés en 1960. Depuis 3 ans il y a de fréquentes attaques de la pyrale, combattues avec des auxiliaires (baccylius thuragiensis) et un produit à base de soja. Les graviers sont passés au râteau régulièrement, pas d’herbicide employé, zéro phyto. Remarquable travail professionnel, admiré par 1 million de touristes / an.


Pour la 3ème visite nous repartons vers le grand théâtre pour entrer dans le Parc Rochegude, construit en 1880 en pleine campagne, que le maire a fait aménager en collection d’arbres. D’une superficie de 3.8 ha avec 900 m2 de massifs d’annuelles, 2,5 km de haies de buis taillé en avril, 380 arbres variés. Les grands et vieux marronniers souffrent de la mineuse. Ce grand parc est entouré de grandes barrières en fer forgé, le soir le parc est ouvert jusqu’à 20 h en été et 18h en automne. Là, 6 jardiniers bichonnent le parc et ses allées de gravier, ratissées à la main. Etonnamment il ya très peu de poubelles dans le parc malgré une belle fréquentation du public. Belle collection de magnolia avec celui du Yulan (Mahonia denudata), sa floraison remarquable souffre parfois lors de gel. Quatre énormes platanes entourent le buste de l’Amiral Henry Pascal de Rochegude (1741-1834) qui léga à la ville sa bibliothèque et son domaine. A l’intérieur du parc 11 endroits à thèmes sont traités, 20'000 plantes annuelles sont employées dans les différents massifs. Le public est aussi sensibilisé aux problèmes du capricorne, le tronc d’un chêne centenaire a été coupé à 3 m, accompagné d’une affiche explicative.
 
Visite ensuite de la place du Vigan au centre-ville. Véritable esplanade qui s’anime au cours de la journée, avec son espace de jeux d’eau, elle est arborisée avec des alignements de platanes et de marronniers dans le petit parc qui a été refait ces dernières années. Exécution des travaux fait de belle qualité et de finitions apportées qui en fait un magnifique petit jardin à la française avec ses bordures de buis, ses massifs floraux. De nombreux bancs permettent aux gens de profiter de ce bel endroit et de la fraicheur en été.

Dans l’angle du parc un joli kiosque du début du 20ème siècle apporte une touche d’histoire, véritable témoin de deux époques. L’arrosage automatique avec une station de contrôle a été installé pour simplifier le travail des jardiniers.

En début de soirée, nous avons été invités à un concert d’orgue dans la cathédrale Sainte-Cécile, construite de briques rouges, ensuite soirée libre.

Jeudi 6 octobre

Matinée passée au Grand théâtre avec deux périodes de trois ateliers proposés.

Caroline Guteleben nous parle tout d’abords du patrimoine végétal qui montra la puissance des rois, la magnificence des parcs à la française. Aujourd’hui il s’agit d’une qualité régionale, ouverte à la population. Nous parlons de vision nouvelle, d’espaces nature de grande valeur, avec tous les bienfaits de la nature en ville : santé, lien social, confort thermique, qualité de l’air, psychisme. La biodiversité sur les trames vertes ainsi que la gestion de l’eau, la valorisation du bâti, l’attraction touristique, le cadre de vie. Bien vital à moins de 300m des habitations, bien vivre ensemble, valeur ajoutée, non emploi de pesticides obligatoire en France dès 2017. La population devient active pour végétaliser la ville ; le vert devient un bien commun !

Steve Wolter (Indiana) lui a traité de l’adaptation au changement climatique et construire la résilience grâce aux parcs urbains. Avec le réchauffement climatique il n’y aura pas de retour possible. Prenons donc acte avec la sécheresse, les inondations, certains parcs sont inondés plusieurs jours par an. Il faut donc réagir, construire des cheminements plus haut. Aujourd’hui le Nord ne connaît plus de grands gels vers le lac Supérieur. Il vaut mieux prévoir et planifier. En 2013 dans le Colorado il y a eu une inondation catastrophique Il a plu en 5 jours autant qu’en une année. Il faut pouvoir maintenir des zones ouvertes à prévoir pour éviter des catastrophes. Autre exemple tel celui de l’ouragan Andrew en Floride (1993) où tout le monde a été surpris. La résilience est le mot clé. Mettre en œuvre pour s’adapter au changement climatique.

Giovanni Sanesi (Italie) nous parle de la rénovation urbaine avec des espèces végétalisées pour améliorer l’environnement urbain Nous avons beaucoup de défis au niveau mondial car 70% de la population vit en ville, ce qui implique de gros changements en tenant compte de la complexité à gérer les espaces verts en ville.

Laure Frémault (France) nous parle de la démarche « Mésange » afin d’adapter l’espace vert aux habitants. Il s’agit d’un outil d’aide à la décision en biodiversité ; 83% des français sont favorables au contact des plantes, 7% choisissent leur lieu de vie ne fonction de la qualité verte, 10% peut réduire l’absentéisme grâce au service de production (légumes, fruits), service de régulation (gestion de l’air, l’eau), service sociaux-culturels (loisirs). Tous ces services sont nécessaires ! Comment choisir, prioriser, organiser, planifier, gérer ces services  pour satisfaire les contraintes réglementaires imposées et comprendre les bienfaits rendu par la nature. Projet nouveau, intégrer les services écosystémiques dans  le projet » Sevran, terre d’Avenir ». Il s’agit d’un projet d’aménagement d’un grand espace de loisirs proche de Paris privilégiant la préservation de la biodiversité, l’urbanisation et les usages doux avec des pistes cyclables, des prairie et pelouses.

Ralf Witthaus (Allemage), land-artiste. Dessinateur travaillant de manière très précise, au cm près il travaille en collaboration de bénévoles pour différents projets à travers le monde. Il s’adapte à chaque endroit et travaille principalement à la débroussailleuse pour créer une forme, une photo d’un ensemble de bâtiments qu’il réalise à une autre échelle sur le terrain. Autre exemple, autour d’un grand plan d’eau tout en longueur, il a inscrit un texte visible de haut en employant la débroussailleuse tout au ras du sol pour ne pas employer de Roundup. Comment trouver des sponsors ? « Etant jeune je me suis acheté un costume noir et une chemise blanche…..ça faisait plus sérieux !» ... aujourd’hui aussi !

Carlo Calfapietra (Italie) nous parle de comment lier environnement et aspect sociaux dans l’étude et la gestion des forêts urbaines. Les arbres ont un rôle essentiel dans notre vie. Pour réduire de 20% le CO2 en Europe, les villes doivent s’engager, des forêts urbaines doivent se développer. Qu’est-ce que le COST ? il s’agit d’une association qui reçoit des fonds de l’Europe pour travailler ensemble sur tous les projets ateliers pour améliorer le futur. Exemple : essai dans 17 pays d’Europe de contrôler le même jour la qualité de polluant observé. En Italie, les détritus de taille sont considérés comme des détritus ; le bois pas valorisé…c’est une grosse erreur. En Chine il faut planter énormément d’arbres pour améliorer la qualité de l’air dans les villes. Il est important de parler du vert dans les écoles. Il faut être ouvert avec beaucoup d’acteurs d’horizon large pour impliquer et aller vers un avenir meilleur ; des fonds européens sont mis à disposition.

Après le cocktail déjeunatoire, le contact avec les exposants, l’après-midi a repris avec plusieurs ateliers.

Giles Galopin (France) traite de la perception vis-à-vis des espaces de nature, les besoins, les attentes…..la relation entre végétal et les utilisateurs. Regardez la place du téléphone mobile dans le monde entier. Quelles étaient les attentes il y a 20 ans ? Quels étaient les besoins ?  Il nous faut aussi innover dans notre métier. Les entreprises sont persuadées de répondre aux besoins et aux attentes des clients. L’écart entre la perception de l’entreprise (valeur suggestive) et le ressenti du client est souvent très grand. L’émotion reflète une réaction affective, brève et intense. Le ressenti exprime l’expression physique d’une émotion. Les sentiments sont une prise de conscience de l’état émotionnel, plutôt durable, souvent dirigé vers une personne, une situation, un animal. L’émotion et la sens de sensation sont les deux moteurs de séduction.

Olivier Filipini (pépiniériste) a présenté une série de photos exceptionnelles qu’il a prises dans différents pays. Le but recherché est de pouvoir repenser l’emploi de plantes nécessitant peu de soins et résistantes à la sécheresse. Sur les aménagements routiers, bermes, giratoires il faut accéder à une nouvelle gamme de plantes, la plupart provenant du bassin méditerranéen ou d’ailleurs. Il nous donne quelques chiffres de la diversité botanique qu’il a rencontré dans les régions visitées : 2'400 espèces au Chili, 4'400 espèces en Californie, 8'500 espèces en Province du Cap et 25'000 espèces sur le bassin méditerranéen (1/10) de la flore mondiale. Que ces plantes soient intéressantes pour leur feuillage coloré dans les tons bleuâtre, argenté, ou en forme de boules, de coussins. Le Teuchrium au Cap-Corse, Boloto superposa, genista   , Thymuns capitantus, Ampelposis, Astragale, Cystus, Centolina, Leucophyllumetc…

Il existe aussi dans le monde végétal l’allopathie qui consiste à ce que certaine plantes sécrètent une substance qui a pour effet chimique naturel de bloquer la germination d’autres plantes ; ce pourrait être intéressant pour diminuer le désherbage. Une autre piste, dans les cimetières pour ne pas employer de désherbant employé des plantes méditerranéennes couvre-sol ou dans les zones difficiles d’entretien.

En fin de journée, Assemblée générale d’Hortis au Grand Théâtre suivi du dîner de gala, bonne ambiance.

Vendredi 7 octobre

Les conférences reprennent avec Digby Whyte (Australie) ; l’évolution et les perspectives du WUP, les avancées en Europe et avec Hortis. Vision d’une ville et projection future. A partir d’une photo prise en 1950, tout a incroyablement changé. A qui ressemblera cet endroit dans 100 ans ? très difficile à dire, les participants ont imaginé les énergies nouvelles, énergétique (grosse déperdition sur les transports). Quelle identité restera-t-il ? Est-ce que les villes vont-elles se ressembler ? Et le paysage ? Est-ce qu’on peut imaginer que les gens reviendront en arrière en ayant quelques m2 pour cultiver leurs légumes ?

Les différents groupes régionaux ont présenté leurs activités. C’est toujours un moment passionnant de voir l’intérêt qu’ont nos collègues français pour des visites dans des domaines privés ou autres réalisations de collègues, toujours organisés avec beaucoup de d‘amitié et de d’hospitalité.

Après le déjeuner, 3 visites étaient proposée, j’avais opté pour « les jardins de la rivière de Graulhet »  sous la conduite d’Arnaud Maurières (paysagiste de renom). Trajet en autocar jusqu’à Graulhet puis présentation au cinéma du jardin réalisé.

Dès 1860 cette petite ville avait pour industrie la mégisserie. Il s’agit du tannage du cuir, de sa transformation. Si la région était prospère, elle ne l’est plus depuis l’arrivée de l’industrie chinoise qui leur a pris le marché. Il ne reste plus que 170 friches industrielles au centre-ville ou passe une rivière, le Dadou. Avec cette industrie, la rivière a été gravement polluée. Aujourd’hui l’industrie a changé pour passer au strech-cuir pour les vêtements.

 

Dans la ville il y a aussi une production de gélatine pour les bonbons Aribo ainsi qu’une industrie pour fabriquer des murs en béton de très grande dimension.

 

Nous nous sommes déplacés ensuite vers l’une ce friche qui a été transformée en parc public nécessitant peu d’entretien de par le choix des végétaux. On y trouve une collection de 26 figuiers, de nombreuses graminées et autres vivaces. Ce projet de jardin a pris du temps à être accepté de la population, il y a eu de longues discussions car étant aussi situé devant un centre islamique ; M. le Maire s’en souviendra. Le chantier avait un budget de 250’00 Euro et a duré un an. Le jardin a été réalisé aux ¾ avec les services communaux, une quarantaine de personnes, tout a été adapté au savoir-faire local. Un point important, pas d’arrosage ! On y trouve une petite palmeraie de Trachycarpus fortunei (présent depuis de nombreuses années dans la région), de pergola et d’un mur en gabion avec de larges escaliers menant à la rivière. Bel aménagement, félicitations !

Nous nous rendons ensuite à pieds vers le Dadou pour y découvrir une petite serre en plastique servant de laboratoire et d’expérimentation pour la dépollution des sols. En effet avec l’industrialisation des cuirs avec ses rejets de métaux lourds (chrome) il est préférable de pouvoir tout traiter sur site.

Dans sa serre, le géranium odorant a été choisi pour sa particularité d’absorber les métaux par ses feuilles, une autre partie filtrée par l’eau d’irrigation. Les essais sont prometteurs.

 

Nous traversons ensuite le Dadou pour une promenade, sur un cheminement aménagé de plantation de fruitiers. En face, nous voyons les maisons délabrées ; image d’une petite ville prospère devenue tristounette.

 

 

 

 

Nous partons en autocar pour rejoindre le jardin Des Martels à Giroussens. Sur ce domaine nous découvrons une richesse et une végétation entretenus avec grand soin et il nous semblait qu’ici que le zéro phyto n’est pas encore pour demain.

Il y a un joli mélange de paysage et plantes tel les lotus avec pagode asiatique, plantes grasses, des fleurs somptueuses et une belle collection de plantes tropicales dans une serre.

 

Samedi 8 octobre

Journée post-congrès avec au programme la visite de Cordes-sur-Ciel avec environ soixante congressistes. Nous traversons à bords de deux autocars de magnifiques vallées, des vignobles pour arriver au pied d’un des plus beaux villages médiévaux de France.

Pour commencer nous visitons le jardin des Paradis qui sont simplement formidables, situé sur des terrasses. Petits jardins, riches en plantes provenant du monde entier aux riches couleurs. Collection de grenadiers, de plantes comestibles variées et inhabituelles pour nous, mise en scène formidable, un vrai paradis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

Pour la suite une guide nous attend au pied des remparts de Cordes-sur-Ciel. Nous prenons un petit train qui nous amènera au pied des remparts de la bastide. Elle nous explique l’histoire de ce village situé à 25 km d’Albi, construit sur un éperon rocheux en 1222 par Raimond VII.

 

 

 

 

 

 

Il  voulait ériger un bastion contre l’avancée des troupes venant du Nord pour éliminer les cathares. Le village est rapidement devenu prospère avec le commerce du sel, des cuirs, des soies. Du 12ème au 14ème siècle, les riches marchands se font construire de magnifiques demeures d’architecture gothique. Le village est protégé par un système de fortification imprenable. Nous grimpons les ruelles pavées pour découvrir et écouter attentivement l’histoire de chaque maison importante, de la découverte de ce qui a servi de stores à l’époque en tendant extérieurement à la fenêtre des draps jusqu’aux ¾ de la fenêtre tout en laissant pénétrer la lumière par le haut, ingénieux.

Après cette belle journée, je ne peux que vous recommander de visiter ce village médiéval, même si c’est très touristique. Nous avons aussi pu déguster quelques jolis vins de la région chez un viticulteur.


Félicitations à Christian Amiel et à son équipe pour la parfaite organisation de ce congrès, ce fut une véritable réussite.

La Chaux-de-Fonds le 14 septembre 2017, Bernard Wille

161008_rapport-BWille-hortis-ALBI-2016  [PDF, 44.0 MB]